Résidants français : en quoi le statut de travailleur frontalier est intéressant sur le sol luxembourgeois ?

02/02/2018
statut travailleur frontalier Luxembourg

 

Vous avez certainement remarqué ce phénomène autour de vous et ce, depuis de nombreuses années. Ces travailleurs frontaliers qui ont une résidence en France et qui sont prêts à faire le trajet jusqu’au Luxembourg pour exercer leur profession. Quels sont les avantages du statut de travailleur frontalier et que peut offrir le Grand-Duché aux travailleurs de France ?

C’est un fait : le Grand-Duché attire les frontaliers

Le taux de travailleurs frontaliers au Luxembourg s’élève à 42%, dont un sur deux proviendrait de la France. Les français qui bénéficient le plus de la proximité avec le Grand-Duché sont indéniablement les travailleurs issus des communes Lorraine. Mais pourquoi ces ressources migrent-elles vers ce petit État de 2586 km2 uniquement pour exercer leur fonction professionnelle ?

Les raisons les plus évidentes qui attirent les frontaliers sont les suivantes :

  • Un salaire moyen plus élevé qu’en France,
  • Des opportunités d’emploi plus importantes dans le secteur bancaire et informatique par exemple,
  • Les perspectives d’évolution seraient plus attractives dans les branches de la restauration, la sécurité, la finance, l’informatique ou encore la santé,
  • Sa politique d’ouverture envers une main d’œuvre étrangère qualifiée,
  • Un régime fiscal et social avantageux, bien que des modifications aient été mises en place début 2018,
  • La langue, puisque sa proximité avec la France et l’Allemagne fait que les langues pratiquées sont le français, l’allemand et le luxembourgeois.

Les autres pays voisins en sont également conscients, puisque l’Allemagne et la Belgique comptent également des travailleurs frontaliers en nombre.

Cet attrait est généré par une situation économique du pays au beau fixe, le Grand-Duché étant considéré de surcroît comme une place financière forte (d’où les opportunités d’emploi dans le secteur bancaire). Ce n’est pas tout, le PIB par habitant se veut le plus élevé de l’Union Européenne et la croissance en matière d’offres d’emploi s’élève à 3,3% par an ce qui représente concrètement 3 000 créations de postes par trimestre.

La diversification des secteurs d’activités

Il est vrai, le secteur financier a longtemps eu le vent en poupe est fait la réputation du Luxembourg. L’État compte pas moins de 143 établissements bancaires et se situe au 8ème rang des places financières internationales les plus importantes et est en tête en termes d’activité de service (« private banking ») de la zone euro.

Par secteur financier, on entend l’expertise du pays dans les fonds de placement, la gestion de patrimoine mais aussi l’assurance.

Cependant, les secteurs d’activités de diversifient, le Grand-Duché du Luxembourg attire de plus en plus de start-ups et enregistre de fortes progressions dans l’aérospatial, la logistique, l’automobile, les nouvelles technologies et les sciences de la vie. Autant de raisons qui justifient l’acheminement des frontaliers au Luxembourg.

Un système de soin plus attractif

C’est également dans le domaine de la santé que le Luxembourg se situe en tête d’affiche au niveau mondial cette fois-ci (d’après le classement annuel de l’institut Legatum). Une étude a été menée prenant en compte les infrastructures de santé, la disponibilité des traitements préventifs ou encore la santé mentale et physique de base du Luxembourg.

Le Grand-Duché travaille également sur l’amélioration de la Sécurité Sociale et de l’assurance maladie, qui tend vers l’évolution des sciences médicales et le bien-être des patients, que vous soyez résidents ou frontaliers avec domiciliation en France.

Depuis 2018, des changements du système d’assurance maladie en faveurs des adhérents au régime santé sont en cours. Des sujets tels que des délais de renouvellement de certains produits (bas de contention, prothèses), ou encore la prise en charge d’actes médicaux (en orthophonie, psychomotricité, soins infirmiers par exemple) et de traitements chirurgicaux sont concernés.

Niveau organisation, en janvier 2009, le statut unique a été instauré, entraînant la fusion des caisses maladie et des caisses de pensions professionnelles. Le but était d’instaurer un régime unique pour les salariés du secteur privé.

Le système de la Sécurité Sociale est scindé en deux organisations administratives :

  • L’Inspection générale de la Sécurité Sociale, qui assure notamment le contrôle des institutions sociales et les régimes complémentaires,
  • Le Centre commun de la Sécurité Sociale, qui gère entre autres, les questions relatives aux affiliations des assurés et à la perception des cotisations accidents, pension, dépendance et mutualité des employeurs.

A SAVOIR : Si vous exercez votre travail au Luxembourg et que vous rentrez chaque jour ou une fois par semaine dans votre pays de résidence, vous êtes considérés comme frontalier et êtes affiliés au régime de santé du pays où vous travaillez. Pour continuer à bénéficier des soins dans le pays où vous vivez, vous devez vous tourner vers la caisse maladie de votre pays de résidence. La CNS (gestionnaire des assurances maladies) établira alors un document de droit aux prestations de santé, qui est le formulaire S1.

Un régime fiscal vraiment avantageux pour les travailleurs frontaliers ?

Depuis le 1er janvier 2018, le gouvernement du Grand-Duché a appliqué une réforme fiscale qui tend à égaliser le traitement entre résidents et non-résidents, soit, des changements qui concernent directement les frontaliers.

Les travailleurs frontaliers concernés sont spécifiquement les couples non-résidents mariés, qui bénéficient ainsi de deux salaires.

Ainsi, lors de la déclaration fiscale 2019, les travailleurs frontaliers dont plus de 50% des revenus proviennent du Luxembourg (classe d’impôt 2) ne se contenteront plus de la retenue d’impôts à la source, mais seront :

  • Imposés sur leurs revenus luxembourgeois selon un taux défini par le barème de la classe d’impôt 2, calculé en additionnant les revenus des conjoints,
  • Ou, imposés uniquement sur les revenus luxembourgeois, en se basant sur le barème de la classe d’impôt 1.